Ecodev Conseil
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14/09/2015

Territoires de randonnées estivales ; du fauve au mauve, du mauve au vert intense …

Les festivals illuminent les territoires les plus excentrés le temps d’un été. Le Festival de piano de la Roque d’Anthéron  a tout de même l’avantage d’être à une demi-heure d’Aix et une petite heure de Marseille. 2015, c’est toujours le succès pour cette 35° édition qui dure un mois ; à la une comme chaque année, les jeunes artistes en résidence se succèdent, accompagnés de leurs professeurs, avec des performances bien réussies (Dvorak, Tchaïkovski, Janacek Chostakovitch, ….). Le jeune virtuose russe Yuri Favorin éblouit le public par son brio et sa vélocité, mais déçoit sans doute ceux qui aiment Chopin autrement et, plus émotif, David Kadouch prend le temps d’exprimer sa sensibilité et ses nuances (Schuman, scènes de la forêt, et dans cette valse de Scriabine, en bis …). L’abbaye de Silvacane, loin du monde, loin du temps, était le cadre parfait pour une soirée clavecin avec le grand spécialiste de l‘instrument, Paul Hantaï.

Le Lubéron : passons la Durance, écartons nous de la foule « branchée » de quelques petites cités où l’on se montre ! Beaucoup moins d’affluence à Grandbois, village fortifié sur un promontoire rocheux, à La Tour d’Aigues (vestiges d’un extraordinaire palais Renaissance).

La montagne Sainte Victoire ! On peut la découvrir en traversant la forêt depuis Jouques et découvrant Vauvenargues, les maximes du marquis, ami de Voltaire («le monde est un grand bal où chacun est masqué …»), sont affichées le long de la rue principale. Un tout autre visage, en contournant Aix par l’est et en remontant la route du Tholonet ; falaises abruptes sur fond d’oliveraies, de pins et de cyprès, tel que le peignit Cézanne sous tous les angles, inspirant les maîtres du fauvisme ; son refuge n’est plus guère signalé, les risques d’incendie obligent cet été le promeneur à ne pas s’enfoncer dans le massif.

Le Canigou n’est pas seulement le sommet pyrénéen le plus oriental de 2786 m que l’on découvre à cent km à la ronde, couronné de neige en hiver ; c’est un imposant massif et il faudrait sans doute trois ou quatre jours pour en faire le tour à pied et en explorer les richesses. Le piémont Est de la montagne catalane offre de belles randonnées, avec des pentes abruptes, touffues, des ravins profonds et boisés, et d’aimables cols qui offrent de larges horizons de Vallespir en Conflent. A l’Est, De Torrents à Escaro, un itinéraire moins rugueux, sources et ruisseaux, fraicheur relative veut nous rappeler le passé minier ferrifère dont la mémoire se perd.

L’Aigoual ! Pas par les fameuses 4000 marches depuis Valleraugue, haute vallée de l’Hérault, surtout avec cette chaleur, mais depuis le col de Pas, en quelques heures tout de même, sur la ligne de crête, ligne de partage des eaux entre Méditerranés et Atlantique ... Du Ventoux au nord, au cirque de Navacelles et au Pic Saint-Loup, plus proche. Trop brumeux ce soir-là de lumière mauve pour distinguer le Mont Saint-Clair au-dessus de Sète, à près de 100 km.

Mouflons réintroduits, vautours fauves fréquentent la montagne cévenole. Rien ce jour n’annonce les cataclysmes orageux qui vont suivre.

Saint-Jean de Losne ou la lente reprise de la voie fluviale : les bords de la Saône, large fleuve d’apparence paisible, jadis frontière et théâtre des guerres contre l’Autriche, donnent envie de s’y attarder. Les plaisanciers le font de plus en plus.

Arc et Senans ou l’harmonie sociale et architecturale de Nicolas Ledoux. C’était un pari risqué, un calcul économique incertain que d’amener l’eau saline par des conduites de plus de vingt kilomètres et d’extraire ici le précieux sel. L’exposition apporte tous les détails. Mais pas mot de son utopie sociale, il est vrai fortement contrainte par les normes et pratiques en vigueur du temps de Louis XV.

 

 

 

L’enchantement de la montagne jurassienne en cette fin d’été …

Des kilomètres à travers la foret de la Joux, puis la route des sapins (notons la curieuse élection par les conseillers municipaux du « sapin président », le plus haut de la période), un circuit pédestre des 4 lacs, avec invitation à la baignade, mais aussi à l’observation de la flore et des oiseaux qui fréquentent ces milieux naturels exceptionnellement riches et variés. Une suggestion pour vos prochaines escapades…

La Dôle côté suisse :

Un panneau de la douane à 1500 m dans les alpages : nous voici en Suisse. Après la grimpette jusqu’au sommet, le raidillon qui nous mène à l’auberge révèle que tout est assez différent ici, flonflons, une bouteille de Rivella ou une tasse d’Ovomaltine pour nous requinquer. La falaise abrupte, de type alpin, contraste totalement avec la douceur du versant français et ses reliefs forestiers ourlés à l’infini.

Territoires préservés, territoires heureux ?

Le promeneur met de côté ses doutes et ses inquiétudes, tout à sa joie de découverte et de détente. Prospères ces territoires ? « Un peu moins que par le passé, mais on se maintient bien », nous confie notre hôte de Vers en Montagne, côté Jura, la « montagne pluriactive ». Peu de doutes, le Lubéron exploite bien cette tendance festivalière et la réputation de ses vins agréables, tout en gardant quasi intacte l’harmonie de ses paysages et villages. Malgré leurs beautés et leurs ressources, les Cévennes paraissent plus marginalisées, du moins économiquement et peu « lubéronnisées ». Les contreforts de la montagne catalane, en dépit du label Grand Site, n’ont guère profité de la manne touristique du littoral. Seul le sommet voit affluer quelques semaines les randonneurs endurants.

Les fossés se creusent.

Mais ces lieux emblématiques restent les témoins de leur histoire mouvementée, aux confins d’Etats – royaumes européens alors non définitivement constitués, au cœur aussi des guerres de religions, et plus récemment, refuge et hauts-lieux de la Résistance.

Ils nous sont familiers, pour beaucoup, mais les redécouvrir nous éclaire, les écouter nous apporte un autre discours que celui de nos grandes métropoles.

Mi-septembre, la rentrée est décidemment bien engagée. Retournons à nos chères études économiques et bon courage à tous et à toutes !

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