Ecodev Conseil
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05/07/2014

Live in @ living city : quelle ville pour demain ?

LIVE IN @ LIVING CITY

Maison de la RATP le 23 juin 2014

A l’initiative de Carlos Moreno, scientifique, conférencier, conseiller scientifique de GDF SUEZ, ce forum international s’est tenu le 23 juin 2014 à la Maison de la RATP à Paris. L’événement était parrainé par TV Terre, le ministère du développement durable, l’académie des technologies, UN- Habitat et COFELY INEO.

ECODEV CONSEIL se devait d’y être présent, en raison de l’intérêt que nous protons aux thématiques de la ville durable et de la smart city.

L’ensemble des présentations et des tables rondes qui se sont tenues pendant ce forum international tendaient à démontrer que la « ville de demain » devrait s’appuyer sur trois piliers :

  • Inclusion sociale
  • Innovation urbaine
  • Révolution technologique

Différents exemples (Medellin, Barcelone) ont montré qu’il était nécessaire de créer une nouvelle relation entre le citoyen et l’institution (« on ne vivra plus comme avant »). Le but étant d’inclure la population dans la réflexion sur le devenir de la ville, ce que Calos Romero appelle la société inclusive.

Les habitants deviennent les vrais leviers pour une urbanisation participative. Cela est rendu possible en intégrant la population dans des actions collectives. Ainsi, les villes de Medellin et de Barcelone ont mis en place ce système afin de faire réagir la population sur des projets pas seulement en leur demandant de valider ou non, mais en étant force de proposition à l’échelle de leur quartier ou arrondissement.

Le citoyen devient un acteur et plus seulement un électeur : on agit, on se regroupe, on se fédère. Le numérique facilite la participation de tous et contribue à la montée d’une intelligence collective (« le citoyen devient pro-actif »).

Ainsi, Medellin s’est affirmée comme ville des innovations urbaines et sociales en axant son développement en différents points :

  • La « ville école » : effort conséquent auprès des plus défavorisés pour les maintenir en milieu scolaire ;
  • Service : rapprocher les administrations de la population ;
  • Transport : développement de moyens de transport (tramway, téléphérique) pour désenclaver les quartiers ;
  • Sécurité : une baisse significative de la criminalité ;
  • Economie : aides à l’implantation d’entreprises.

L’innovation ne doit laisser personne sur le bord du chemin et la mise en réseau peut constituer un moyen arriver à ce but. L’exemple de Détroit (Do it yourself manifesto) est intéressant puisque dans une ville sinistrée, la technologie a permis de relancer la communication et le dialogue, de relier les différentes communautés et de sensibiliser les publics.

La ville devient aussi une « ville plate-forme » où s’exerce une vraie convergence des réseaux par la collecte des données, le partage et la fabrication d’intelligence distribuée au profit des habitants.

Le citoyen veut un retour de ce qui se passe dans la ville. Des grands groupes (ex : GDF Suez) mettent en place des systèmes qui apportent de l’information. Ainsi, « Cit’ease » permet de connaître la mesure de l’empreinte carbone, la consommation d’énergie de son appartement, la production de déchets…

En fait, la ville intelligente développe l’information géographique et de géo-localisation en temps réel. Tout ceci est possible grâce à l’Open data, véritable pôle de concentration de données.

L’accessibilité à ces données n’est pas sans poser un problème en cas de piratage. Les membres de l’assemblée s’accorde sur la nécessité de régulation sur l’accès à ses données, cette réflexion devant s’engager à l’échelle européenne.

La ville de Santander a mis en place un plan de rénovation stratégique depuis 5 ans qui s’appelle Santander 2020.

La ville souhaite développer le concept de smart city par la mise en place de 20 000 capteurs qui constitueront un réservoir de données dans le but d’améliorer la gestion des services urbains.

Ce développement est rendu possible grâce aux nouvelles technologies qui permettent de traiter les données enregistrées par les capteurs. Smart Santander permet de connaître le nombre de places de stationnement en temps réel, d’avoir accès aux données d’irrigation des parcs et jardins, le taux d’émission de gaz à effet de serre, le niveau de bruit, le degré de remplissage des containers déchets, de connaître sa consommation personnelle d’eau.

Un programme lié à l’efficacité énergétique a été mis en place (14 millions euros investis).

Open Santander couplé avec une modernisation de l’administration et la mise en place d’une plate-forme informatique rapproche les habitants du processus de décision afin que ceux-ci deviennent les acteurs du Santander de demain.

Santander est membre d’un réseau de ville intelligentes créé en Espagne (le RECI).

Pour conclure, le maire de Santander a prôné une solution européenne pour la mise en sécurité des données stockées dans le big Data.

Barcelone a été élue Capitale Européenne de l’Innovation parce qu’elle a développé un programme basé sur les nouvelles technologies pour transformer la ville. Elle souhaite renforcer la mobilité, la participation des habitants. Plusieurs actions sont menées comme la Smart Education un programme financé par la ville et le secteur privé.

La ville où je veux vivre, programme développé grâce à une utilisation importante des réseaux sociaux pour inter-agir. Les plus jeunes participent (14/15 ans) et l’on construit la ville dans laquelle ils veulent vivre.

Les jardins urbains sont développés tout comme les Fab lab. Rien ne se fait sans l’implication de la société.

Il est rappelé que la ville de demain n’est pas uniforme. Chaque continent et donc chaque ville a sa propre culture et doit donc développer son propre mode de développement.

Ainsi, les villes indiennes enregistrent des croissances de population de près de 30%. Il est donc important que la ville ne soit pas seulement intelligente, mais tout simplement vivante. En Inde, des actions très concrètes de facilitation d’accès aux soins se sont mises en place pour soutenir les plus démunis et les personnes âgées.

On identifie un besoin et on crée un mécanisme institutionnel pour y répondre : 16 millions de repas sont distribués tous les jours à Bombay.

Pour information, le nouveau gouvernement indien a décidé d’appuyer la construction de 100 villes intelligentes dans les 20 ans qui viennent.

Les enjeux de la ville durable sont multiples : la construction, la mobilité, les smarts grids et l’E-activité.

Pour les 20 prochaines années, un des enjeux de la durabilité, c’est la généralisation et donc d’être en capacité de multiplier les éco-quartiers par exemple.

L’importance des espaces publics est soulignée pour qu’ils deviennent la colonne vertébrale de la ville.

Des économies devront être réalisées notamment dans l’éclairage public où le réseau a une technique qui date des années 70.

De nouveaux services et de nouveaux usages se mettront en place :

  • Appliquer de nouvelles technologies que l’on met entre les mains de la population (Smart city) ;
  • Penser la cité comme « un ordinateur qui doit être compatible » (Big Data) ;
  • Développer des ateliers de création digitale numérique qui doivent rester publics donc accessibles à tous (Fab Lab).

Par conséquent une ville du futur plus humaine, intégrant les enjeux sociétaux propres à chaque pays et qui s’appuie largement sur les technologies numériques non seulement comme outils de pilotage et de régulation mais de dialogue citoyen.

Ci-dessous quelques conférenciers présents à Paris ou par webcam

    • Carlo RATTI, directeur du SENSEable City Lab au MIT de Boston
    • Karuna Gopel, Fondation Futuristic Cities à Hyberabad en Inde
    • Inigo de la Serna, Maire de Santander
    • Sunil Dubay, responsable de Metropolis Asie du sud-est
    • Eduardo Martin Lineros, Directeur de l’Innovation pour la ville de Barcelone.
    • Des représentants de l’ADEME et de la ville de Paris ont également participé aux différents panels.

Jean-François Thouvignon

ECODEV CONSEIL

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