Ecodev Conseil
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93170  Bagnolet

28/06/2018

 Les étapes d'un cluster disparu.

C'est au 17è siècle que Colbert semble-t-il, choisit Méru comme capitale des tabletiers qui fabriquent des objets de luxe (éventails-jumelles-broche-boutons-accessoires de toilette...) pour les grossistes parisiens et un marché en pleine expansion sous le Second Empire. Au début du XX° siècle Méru était devenu capitale mondiale de la nacre.

Les matières naturelles proviennent du bout du monde (Madagascar) tels que les huîtres perlières, les ormeaux remplacés par le Troca (moins  cher), la corne, l'ivoire, l'écaille, les os de bœuf (Argentine et Etats Unis)  et le bois d'ébène noir (Gabon) pour les dominos.  A cette époque, 15 000 personnes, dans toute la région, travaillent la matière noble: la nacre. Aujourd'hui, il ne reste qu'une poignée d'ouvriers spécialisés.

En 1872, s'installe, dans un superbe bâtiment en briques (classé à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques), une boutonnerie et une scierie à os. Toutes les machines sont alimentées par une seule et même chaudière à vapeur qui consommait 10 stères de bois par jour. La fabrication des boutons comporte différentes phases de découpage et façonnage: tri des coquillages-meulage-méchage-gravage-perçage-écuretage-décapage-teinture. Chaque poste de travail est encore aujourd'hui opérationnel. En 1970, l'usine a fermé et la production restreinte actuelle ne sert qu'à alimenter la boutique du Musée ou, cas exceptionnels, à assurer des commandes privées ou de l'Etat.

Les boutonniers ont presque disparu avec l’industrialisation de la profession. Mais leur savoir-faire reste prisé dans la haute couture ou le prêt-à-porter du luxe. Les boutons de nacre sont également demandés dans le domaine des loisirs créatifs. Aujourd’hui la quasi-totalité des boutons de nacre est produite en Asie. L’approvisionnement en matière première est également un point sensible car les mollusques dont elle est extraite sont pour la plupart protégés, comme les ormeaux.

Le musée de la Nacre et de la tabletterie accueille pour quelques mois une exposition tout à fait remarquable de sculptures de Sophie Mathilde Tauss, qui réutilise pour une part ce matériau en l’associant au bronze et redonne à la « conque » une dimension sensible, voire spirituelle.

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