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30/03/2015

EUROPEAN CLUSTERS DAYS à Strasbourg

EUROPEAN CLUSTERS DAYS

Ces rencontres organisées par France Clusters avec l’appui du Parlement européen, de l’Université de Strasbourg, de celle de Kehl et de l’Euro Métropole de Strasbourg (un statut unique) ont permis à plus de 400 participants de débattre pendant deux journées des politiques d’appui aux clusters à l’échelle européenne mais aussi des évolutions de leurs pratiques, de leur impact et de leurs modes de fonctionnement.

Les clusters catalyseurs de croissance et de compétitivité ?

Le concept de cluster ne fait plus débat ; l’essentiel c’est d’avancer, et de jouer pleinement ce rôle de catalyseur.

Les conséquences de l’internationalisation des marchés ont été plus particulièrement mises en avant. La coopération entre acteurs de filières économiques proches s’était établie à l’origine (il y a quinze à 20 ans) à l’échelle d’un bassin d’emploi, d’un territoire présentant une communauté d’intérêts, de savoirs, des complémentarités très fortes entre acteurs économiques. Certains existaient déjà informellement, d’autres se sont développés grâce à l’appui des gouvernements et des régions. Les clusters révèlent des contours extrêmement divers et leur périmètre est un peu à géométrie variable, et en tout cas plutôt extensible.

Comme le rappelait un participant, on a commencé par identifier, par comprendre l’intérêt et le fonctionnement des clusters, puis on a appuyé, on les a aidés à se structurer et à se promouvoir Et aujourd’hui l’enjeu est bien de trouver de nouvelles voies, leviers, outils d’animation, de s’adapter et d’anticiper les mutations économiques… Le management du cluster semble le challenge majeur…

Au Danemark, près des 65 % des acteurs des clusters ont engagé une stratégie d’internationalisation ! Et cette approche s’est réellement professionnalisée, (rappel des 10 étapes clés : volonté des partenaires fondateurs, les langues pour le process d’internationalisation, l’obtention de nouveaux partenaires, la connaissance des institutions et des procédures d’échange, l’identification des objectifs clés et leur justification -why we should do it ?-, la capacité d’analyse des tendances du marché, la formation des équipes, les lieux de rencontre pour les membres du cluster, les « success stories », …).

Le smart Eco hub d’Irlande du nord met l’accent sur le pilotage interinstitutionnel, les relations avec la recherche et l‘université, et les indicateurs d’activité du cluster ; mais le plus important : bien pressentir et intégrer les besoins, les besoins d’information des entreprises !

Parmi les cas concrets présentés à Strabourg, Cosmetic Valley (représenté par son président Jean-Luc Ansel, également président de France Clusters, qui souligne que le « paysage européen des clusters continue sa mutation »), le cluster Réseau Mesure, Medeon Science Park (Région de Malmö, Suède, Alsace Biovalley, Silicon Saxony, Cluster Rhône Alpes Eco-énergies…

Jean Luc Ansel ne manque pas de rappeler que le pôle de Grasse vient de rejoindre la Cosmétic Valley : on voit jusqu’où va l’explosion géographique du concept, au nom de la renommée, de l’image et sans doute aussi de la complémentarité industrielle.

Le marketing et branding : ce qui compte le plus, les valeurs (par exemple les valeurs derrière le Made in France ).

La qualité de l’animation du cluster n’est plus seule à être mise en avant, mais aussi la performance et la professionnalisation de leur management. Ce qui semble requis, en Allemagne, en Suisse, en France : c’est aussi bien la parfaite connaissance des entreprises membres, que de leurs marchés, de leurs technologies. On a beaucoup évoqué aussi un fondement essentiel du cluster : le principe de confiance réciproque entre acteurs.

Rechercher des financements en commun ? Quelles banques pour les clusters ? La « chasse au capital », au capital risque ? Et après « c’est un peu la vallée de la mort » : comment prendre le relais pour le capital développement. Faut-il se doter d’une « banque du cluster » ? Monter un fonds stratégique d’investissement ? Mais aussi faciliter les groupements d’entreprises, parfois même jusqu’à l’intégration en termes de participations.

Appuyer la présence à l’international ? Ce n’est pas seulement financer la participation à des salons à Shanghai ou à San Diego, mais avant tout sélectionner le ou les événements qui vont permettre de maximiser les retombées d’affaires, d’engager sur la durée de nouvelles coopérations, de mener une veille active et de toute évidence experte.

Les transferts de technologies : les clusters de Suisse ((qui sans avoir de politique fédérale affichée, n’est pas en reste pour le dynamisme de son action inter-cantonale en faveur des clusters et, tout comme dans le Bade Wurtemberg (c’est ici une seconde nature), les transferts de technologie Recherche / industrie et vice versa ne rencontrent guère d’obstacles.

Coopération et groupements de PME : de bons exemples avec Pôle Mont Blanc Industries, Plastipolis (pôle de compétitivité Plasturgie)…

La Gestion des ressources humaines est maintenant pleinement prise en compte comme un facteur essentiel de réussite, d’ancrage et même de survie pour les clusters à dominante industrielle… On se lance dans la GEPECT avec les partenaires de l’emploi et de la formation. « Jamais l’agenda social des clusters n’a été aussi chargé », rappelait un des membres de l’atelier « gestion prévisionnelle des emplois ».

MECALOIRE (Marie-Céline Rascle) évoque la mise en œuvre d’un PASS compétences (détachement de personnels expérimentés par les grands groupes au bénéfice de PME).

Mais ne convient-il pas aussi appuyer la qualification industrielle d’ouvriers professionnels, de techniciens, de stimuler la motivation des jeunes générations (mon intervention allant en ce sens) ?

Quelles tendances pour les clusters ?

  • La « smart specialization » ? Une nouvelle génération de clusters hyperspécialisés sur les marchés les plus spécifiques, porteurs et intégrateurs de forte valeur ajoutée
  • L’intensification des relations interclusters à l’échelle nationale et internationale…

Exemples : Bio clusters (basé en Belgique), qui appuie les micros-clusters à fort potentiel, les aide à partager les expériences et à cibler les actions internationales les plus pertinentes), ou CORALLIA qui anime plusieurs clusters en Grèce, en partenariat avec leurs homologues français ou allemands. Son fondateur Vassilios Makios nous en fait une brillante démonstration !

Evaluation de la performance des clusters et du niveau de réalisation de ses objectifs. On trouve même des applications numériques pour les suivre et les partager !

Des clusters plus virtuels ? Des réflexions, des pratiques…

Intégrer les réflexions sur l’usine du futur ? En Alsace, on anticipe déjà…

Les nouvelles régions françaises (intervention de Xavier Drouet du CGET et réponse de Christophe Guichard, DG Marché intérieur UE Bruxelles).

Leur élargissement (ALCA par exemple) permettra de clarifier les spécialisations et leur cohérence entre territoires et de moins fragmenter les ressources … Pour l’Union européenne, cette réforme amorcée rejoint pleinement les orientations communautaires. Nous voici rassurés.

Le cluster Descartes, cluster de la Ville durable ? Il n’était pas représenté, sinon indirectement par nous-mêmes et nous l’avons évoqué au cours de nos échanges informels ; dommage, nous en aurions fait volontiers une présentation plus formalisée…

D’autres clusters franciliens étaient présents : OPTICS Valley, Medicen et GENOPOLE. Ils sont d’ailleurs restés très discrets (sauf intervention de MOVEO, pôle de compétitivité). D’une manière générale clusters et pôles ou équivalents, paraissent très étroitement associés dans toutes les régions…

Dans une configuration territoriale et institutionnelle assez différente, on voit bien que le cluster Descartes qui a déjà sensiblement évolué en cette direction, aura besoin de fortifier les liens de son « écosystème d’acteurs », de renforcer encore la professionnalisation de son équipe, de poursuivre aussi son ouverture internationale, bien engagée certes, sans doute plus ciblée sur des évènements que sur des accords de coopération impliquant les entreprises de part et d’autre.

La thématique de la ville durable reste visiblement trop ample pour un cluster encore en voie d’affirmation sur la scène internationale, mais c’est un axe qui n’a pas été explorée par la plupart des clusters rencontrés ou entendus ou qui n’est que partiellement pris en compte.

Quelles suites ?

Contacts avec le Bade Wurtemberg, poursuivre cette relation avec l‘association France Clusters. Et certainement se préparer à une prochaine rencontre !

En conclusion un Intérêt fort pour nos réflexions et missions (filières, territoires, adéquation des formations…).

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