Ecodev Conseil
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23/01/2017

 

De retour du Japon

 

Un voyage privé au Japon a permis d’entrevoir et d’expérimenter quelques aspects de la vie sociale et urbaine et de s’immerger, ces jours du tournant de l'année, dans la mégalopole de Tokyo.

Tokyo ne peut qu’impressionner par son gigantisme, avec le record mondial de plus de 36 Millions d’habitants pour l’aire métropolitaine (MMA KANTO). La ville (préfecture de Tokyo) en compte à elle seule 13 Millions et Yokohama près de 4 millions. Tokyo est dirigé par une femme Yuriko Koiké, récemment élue gouverneur.

Deux facteurs viennent atténuer l’impression d’immensité urbaine, pour le voyageur :

  • Le polycentrisme ;
  • Le réseau des transports collectifs et son efficacité.

Le polycentrisme : en effet, plusieurs grands quartiers centraux de type CBD (avec un environnement résidentiel et commercial) structurent assez clairement la ville. Chacun est à la fois très complet dans ses fonctions et présente des particularités, une physionomie et surtout une ambiance urbaine qui lui sont propres.

Ainsi Tokyo central, à la fois centre d’affaires, lieu de pouvoir (palais impérial, grands ministères), pôle commercial majeur (Ginza avec sa longue avenue Harima dori qui accueille toutes les grandes enseignes de luxe internationales et les grands magasins japonais comme le Mitsukoshi, pôle historique, culturel et patrimonial aussi (parcs, musées, théâtres).

A l’ouest, Shinjuku constitue un nœud d’échanges essentiel (le hub le plus fréquenté au monde, avec 3,6 Mons de passagers), un pôle tertiaire majeur avec quelques réalisations architecturales remarquables comme la Cocoon Tower ou Tokyo Metropolitan government building (si le temps le permet, vue sur le mont Fuji !). Coté Est, un mix de commerces les plus divers, de quartiers de loisirs, restauration (Kabuchi-Cho) et de tradition artistique comme Golden Gai (plutôt en régression). Proches : Shibuya, une très grande densité de commerces de toutes gammes … et Roppongi, quartier manifestement plus « chic », résidentiel et tertiaire, culturel aussi avec plusieurs musées et lieux d’exposition (Mori center) et National Art Center.

Ueno est aussi un pôle gare, tertiaire et commercial. D’un côté un grand parc et ses musées (dont le Tokyo National Museum), des temples dans des recoins plus intimes et boisés (Gojo Tenjinja, gardé par des renards sculptés, protecteurs des maisons, ou encore le Toshugo Jinja). En marchant un peu on va découvrir l’ambiance presque villageoise de Yanaka, habitat ancien, artisans, petits commerces, rues piétonnes … Asakusa flanque Ueno à l’Est, quartier plus bas, résidentiel, jusqu’à la rivière Sumida qu’empruntent des bateaux bus ; ici le plus grand temple de la ville le Sensoji

La liste pourrait continuer, avec Ikebukuro au nord-ouest, autre pôle tertiaire et commercial très actif, quartier chinois, quartier nocturne …

 

Le réseau des transports

Il apparait de prime abord relativement complexe (statut différent des lignes) mais on s’y habitue vite, tout fonctionne bien, des correspondances rapides et dans les stations une multitude de commerces, de petits restaurants …des applications efficaces d’information sur le réseau et les temps de parcours. Les indications sont relativement claires (moins qu’à Shanghai cependant), des annonces anglais, en chinois et coréen, une cadence élevée. Foule très dense bien sûr, mais pas d’énervement, la discipline règne !

L’interface avec le réseau des Shinkansen semble bonne, parfois un peu plus de couloirs, en cas de doute, on est assez rapidement et aimablement renseigné par les usagers ou les employés.

Tokyo est-elle une ville polluée ? Apparemment pas de manière alarmante, les indicateurs paraissent bons (sans doutes meilleurs qu’à Paris) ; une des explications : beaucoup de voitures hybrides, donc assez silencieuses et peu polluantes et surtout, seules les voitures récentes circulent (le montant de la contravention s’élève officiellement à 4000 € !). Circulation dense mais pas d’énormes encombrements dans les zones urbaines centrales.

Côté bilan énergétique, cela reste difficile à apprécier au niveau local. Le Japon avait arrêté toutes ses centrales nucléaires qui produisaient un peu plus du quart de l’électricité et il les relance actuellement. L’essentiel provient de centrales thermiques (gaz ou charbon). Les énergies renouvelables progressent mais ne dépasse pas les 15% de la production électrique (pas mal de toits solaires photovoltaïques et champs solaires). Certainement un point faible pour ce pays très dépendant des importations de pétrole, gaz, charbon …

Les technologies numériques : ce qui frappe le visiteur c’est l’accès au Wi Fi facilement et dans la majorité de l’espace public, des gares, des cafés et grands magasins.

Au-delà il faudrait rechercher ; le Japon consacre près de 4% de son PIB à la R&D.

Une « croissance organique », fondée sur quelques grandes orientations stratégiques  (connectivité, qualité de vie urbaine, basse consommation énergétique, une culture urbaine préservée …).

Tokyo se prépare à accueillir les JO 2020. C’est l’occasion d’engager d’importants aménagements et améliorations dans la performance des connexions intra et interurbaines.

Une liaison MAGLEV (à 500 km/heure) est prévue entre Tokyo et Osaka.

Dossier de candidature

 

Quelle société urbaine ?

Là aussi il convient de se garder d’impressions hâtives et ma culture du Japon est très limitée. Tokyo renvoie une image de modernité, d’efficacité et de discipline. Une société essentiellement masculine, on le sait, et ça se voit. Une société assez fortement tournée vers l’occident mais qui garde de toute évidence, une culture, une identité marquées qui lui sont propres. Une société très homogène au plan des origines ethniques (des immigrés chinois, coréens, philippins … difficile d’apprécier la part de ces « guest workers »).

Mais aussi en baisse démographique (sauf le Grand Tokyo qui reste attractif), donc qui vieillit de manière inquiétante. Malgré tout beaucoup de jeunes couples ont un ou deux enfants. Des quartiers très animés par une jeunesse assez excentrique.

Des contreparties à cet ordre social, à cette amabilité (cela dit, elle parait bien naturelle), des excès, de boissons, de drogue sans doute, de comportements étonnants ou déviants, d’extrême mauvais gout dans certains quartiers « commerces-loisirs-jeux »…

 

Tokyo et le reste du Japon ?

Avec 26 % de la population du pays, Tokyo n’écrase pas pour autant d’autres métropoles, comme OSAKA ou Nagoya. Néanmoins l’hyper métropole reste le moteur de croissance le plus actif pour le pays.

 

Parmi nos étapes :

Hiroshima pour le souvenir et la paix, et son cadre reconstruit en bonne harmonie avec la silhouette des étranges montagnes qui l’entoure et des multiples bras de ses ou ses rivières.

Tramways. Réseau de galeries commerçantes couvertes, comme dans les autres villes.

Temps de déguster les okonomyaki, crêpes fourrées de choux, soja et d’huitres chaudes ;

Escapade vers l’ile de Miyajima : magnifique relief montagneux, torii bercés par les mouvements de la marée, sanctuaire Itsukushima et mont Misen (foret primaire de camphriers, camélias, red pines, chênes verts …). On découvre au loin l’ile de Shikoku …

Himeji, petite ville très agréable et son château féodal du 14° à trois niveaux de lourdes charpentes en bois ; il résista aux guerres féodales, à sa vente (il fut envisagé de le démolir), aux tremblements de terre et aux assauts de la seconde guerre mondiale.

Osaka, complexe, agitée, fantaisiste dit-on … Un peu moins de 3 Mons hab. dans une immense mégalopole du Kansai (19 Mons), qui inclut Kobé (ville en poupe pour les investissements internationaux) et Kyoto. Aperçu de la tour qui évoque un peu l’arche de la Défense. C’est la Saint-Sylvestre, rues en fêtes dans Dotombori et aux douze coups de minuit, douze courageux plongent dans les eaux sombres du canal, défiant le froid, leur niveau d’inbibation et les perspectives de la nouvelle année.

Umeda sky Building (architecte Hiroshi Hara)

Kyoto et ses trésors, Nara ville d’histoire - ville nature.

Kyoto est tracée selon un plan parfaitement orthogonal, comme les villes chinoises traditionnelles dont elle s’est inspirée à l’origine. Au centre, les palais – le palais impérial et le château NIjo-Jo, le premier palais des shoguns lorsque Kyoto s’érigea en capitale du Japon.

Plus en périphérie, des dizaines de temples, un choix difficile ! La merveille reste certainement le Kinkaku Ji (le pavillon d’or) si délicatement posé au nord de l’eau entre les arbres…Une balade en vélo, c’est une expérience qui permet de passer de quartier en quartier et d’aboutir au secteur de Gion, ruelles, temples, pagodes, spectacles et affluence. Emprunter le chemin de la philosophie est un réel plaisir, puisqu’il donne accès à grand nombre temples accrochés à la colline.

Nara aurait mérité qu’on s’y attarde ; les temples (dont Kofoku-Ji et Kodai-Ji) sont dans un vaste parc, au pied des hauteurs boisées que parcourent des daims en liberté.

 

Les abenomics et quelques repères macroéconomiques.

Les trois flèches (budgétaire, monétaire et structurelle) peinent à relancer la croissance d’un pays de surcroit extrêmement endetté. Le vieillissement de la population se traduit par de nombreuses vagues de départs à la retraite. Le taux d’activité féminine, plus bas qu’en Europe, pourrait s’accroitre sensiblement. Reste un obstacle majeur, celui de la garde des enfants que de nouvelles mesures du gouvernement Shinzo Abé devraient faciliter.

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